Il y a près de 60 ans, des pionniers créaient la piscine des Replans, un projet visionnaire pour l’époque. Le même esprit innovant a permis la pose de la première pierre du projet Alti’Loisirs qui combine la baignade avec des sensations fortes et la possibilité de se restaurer dans un cadre de verdure.
L’offre de loisirs sur le Balcon du Jura s’apprête à faire « un sacré bond en avant. Elle démontre qu’il est possible d’allier plaisir, durabilité et développement de l’économie locale dans une perspective de tourisme quatre saisons». La Conseillère d’état Isabelle Moret s’est exprimée ainsi jeudi dernier, lors de la pose symbolique de la première pierre du projet Alti’Loisirs, sur le site de la Piscine des Replans à Sainte-Croix. Soleil radieux et température douce étaient au diapason d’une ambiance empreinte de fierté d’arriver à une phase concrète de ce « projet qui m’a occupé depuis plus de deux ans », a relevé l’architecte Olivier Troyon. (voir ci-dessous).
Pour les édiles communaux, l’aventure a commencé bien avant. Syndic de Sainte-Croix, Yvan Pahud a évoqué « près de dix ans de travail, de réflexions, de débats, de séances et de persévérance pour voir ce rêve prendre forme ». Fabienne Dégailler, syndique de Bullet, a rappelé une première demande de crédit d’étude en 2017, pour la rénovation des bâtiments et de la piscine. Mais valait-il la peine d’investir pour une ouverture de quelques mois par an seulement ? Ou voir plus grand, plus loin et innover ? C’est cette dernière option qui a été choisie, avec l’ajout d’un parc de loisirs dans l’enceinte de la piscine. « Nous sommes passés à une vision ambitieuse et moderne : un lieu de détente, de nature et de sensations fortes, tout au long de l’année », a développé Yvan Pahud.
Bonne fée
En manteau rose, la Conseillère d’Etat Isabelle Moret avait tout de la bonne fée, sa présence symbolisant un soutien des pouvoirs publics à hauteur de 7,4 millions de francs, la moitié provenant du fond LADE (loi sur le développement économique et loi fédérale sur la politique régionale). L’autre moitié consistant en un prêt sans intérêt sur 25 ans. Le coût total du projet est de 10,7 millions. Les deux communes assument la rénovation de la piscine et des infrastructures, tandis que la société Alti’Loisirs portée par les Frères Gasser s’engage à réaliser le parc de loisirs, (près de 2 millions) en vue d’une ouverture, selon le planning actuel, pour la saison estivale 2027.
La clé du complexe
Auteur du projet, Olivier Troyon directeur technique des Ateliers d’Architecture SA à Sainte-Croix, a dessiné une structure simple et fonctionnelle, réalisée en bois suisse et même local, labelisée Minergie P Eco. Le toit à un pan, qui sera couvert de 430 mètres carrés de panneaux photovoltaïques, épouse la pente naturelle du terrain, limitant son impact visuel. Les espaces publics sont orientés au sud, dont le restaurant situé dans l’aile ouest, prolongée par un avant-toit qui abrite la terrasse. Les locaux de service se trouvent au nord et sont semi-enterrés.
Une ouverture centrale, côté sud, est « la clé du complexe » selon Olivier Troyon. Elle permet d’une part un accès direct et libre aux client.e.s du restaurant. Le flux des amateurs de baignade et/ou d’adrénaline, s’arrête à la caisse dans ce même espace. De là, les premiers se dirigent vers les vestiaires et ressortent au niveau des bassins. Tandis que les seconds empruntent une coursive pour se diriger vers l’esplanade de jeux.
Récolte de l’eau de pluie
Cachés sous le solarium qui disposera, comme le restaurant, d’une vue dégagée sur la plaine et les Alpes, les locaux techniques abriteront le chauffage de l’eau par pompe à chaleur alimentée par de l’énergie solaire, un atelier d’entretien et le système de traitement de l’eau. Calculée sur la fréquentation effective des bassins, la gestion « intelligente » de la régénération de l’eau ne mobilisera qu’une personne pour la manutention et le renouvellement des produits chimiques.
L’eau de pluie récoltée sur le toit sera stockée dans une cuve de 20 mètres cubes et alimentera les sanitaires ainsi que les robinets extérieurs de nettoyage et d’arrosage. Une question reste en suspens, celle de la couverture de la piscine, demandée par le canton. Une exigence à laquelle les promoteurs voudraient se soustraire, l’énergie utilisée pour chauffer l’eau étant entièrement de source renouvelable, exprime Yvan Pahud.
Les premiers jalons
Jérôme Zahno (ProGbat à Sainte-Croix) est chargé de la planification des travaux et de leur gestion financière. L’ancienne buvette et les vestiaires ont été démolis, et relégués au rang de beaux souvenirs pour des générations d’habitants du Balcon. La surface dédiée à la future construction a été remodelée et aplanie. Ces prochains temps, des pieux vont être enfouis à une profondeur de cinq mètres en moyenne, pour soutenir la future dalle.
La réalisation du parc de loisirs ne va pas démarrer cet automne. « Nous prévoyons de commencer la fabrication des installations début 2026 », confie Fabian Gasser, qui réalise avec son frère Thierry toute la partie ludique et exploitera l’ensemble du site. Les mâts de la tour d’accrobranche avec la fameuse tyrolienne à virages sont en fin d’études, puis l’ingénieur viendra sur place planifier l’implantation des pieux qui les soutiendront. Des pistes de bouées synthétiques avec atterrissage sur airbag complètent l’offre ludique côté est.
La piscine a gagné des abonnés en 2025
L’ultime saison de la piscine des Replans dans sa configuration des dernières décennies a été bonne, avec une affluence supérieure aux années précédentes et une fréquentation record de la buvette. Réunie mercredi soir dernier au Carnotzet communal, l’assemblée de la Société coopérative, réduite à la participation du comité quasi incorpore, a pris connaissance des résultats comptables de 2024, et reçu un éclairage exhaustif sur l’activité 2025, par Maïa Silvereido, collaboratrice de la bourse communale. Principaux chiffres cités : les entrées ont rapporté 47’000 frs en été 2025 et 39’000 frs en 2024. Les frais d’exploitation se sont montés à 58’000 frs en 2025 et à 56’000 en 2024. Les communes contribuent à l’équilibre des comptes par 116’000 frs pour 2025 et 113’000 frs en 2024.
Il est apparu que les bassins perdaient de l’eau par des fissures. Elles seront réparées avant la pose d’une membrane (liner) en PVC sur fond, en prévision de la réouverture en 2027. Le site et les bassins resteront fermés en 2026 en raison des travaux.
Le syndic Yvan Pahud et le président de la Société coopérative de la piscine Arnaud Petitpierre ont remercié les gérants de la saison : Thibaud Pillard qui a « géré au mieux » les trois incidents dus au disfonctionnement du vétuste tableau électrique qui commande l’injection du chlore. Et Geneviève Rolaz ainsi que son équipe à la buvette qui ont « su accueillir leur clientèle avec respect et bienveillance, mais aussi perpétuer les animations ». Les collaborateurs de l’EVAM qui se sont succédé pour donner un coup de main à l’entretien du terrain ont été également cités.
En vue de l’été prochain, le comité reconduit dans ses fonctions va prendre contact avec les responsables de la piscine de Boveresse (NE), afin de solliciter pour les gens du Balcon un tarif identique à celui proposé aux habitants du Val-de-Travers.
C. Dubois

