Apprenti installateur-électricien, Donovan Burgy, 19 ans, a été sélectionné pour représenter le canton de Vaud au Championnat romand à Bulle cet automne. Portrait d’un jeune homme discret qui exerce son métier avec passion.
Il évolue dans un univers fait de câbles, de prises électriques, de problèmes à résoudre, mais aussi de contacts humains. Le métier d’installateur-électricien va comme un gant à la personnalité consciencieuse de Donovan Burgy qui a trouvé sa voie de manière précoce. À l’âge où la plupart des adolescents ne savent pas encore ce qu’ils feront dans la vie et profitent de leurs vacances d’été pour se ressourcer, le Sainte-Crix de 14 ans les consacre alors à effectuer des stages dans l’entreprise Prior. Bon en maths et en physique, il hésite, dans un premier temps, avec l’apprentissage de techniscéniste. Mais celui-ci n’étant accessible qu’à partir de 18 ans, il opte finalement pour celui d’installateur-électricien, et est engagé chez Prior qui décèle chez lui un potentiel.
Dans l’entreprise qui l’emploie, Donovan Burgy est qualifié de « force tranquille ». Malgré son apparente timidité, son employeur, Olivier Prior, qui se reconnaît un peu en lui au même âge, et son formateur, Kevin Boerama, évoquent volontiers un jeune homme réfléchi, qui sortait du lot dès le départ. « Il ne se contentait pas de faire ce qu’on lui demandait mais cherchait toujours à aller plus loin et à comprendre les choses », se rappelle Kevin Boerema, monteur-électricien, qui a participé à sa formation.
Cette attitude et sa volonté d’accomplir toutes les tâches confiées ont sans doute contribué à placer Donovan Burgy, aujourd’hui 19 ans, parmi les meilleurs apprentis du canton. Certes, comme il l’admet volontiers, les branches théoriques lui réussissent un peu moins, mais la pratique ne lui pose aucun problème. Juste avant de commencer sa quatrième et dernière année d’apprentissage, il est sélectionné par ses professeurs pour représenter le canton, au côté de deux autres apprentis, au Championnat régional à Bulle en octobre. Pour son entreprise formatrice, c’est la surprise, mais on lui reconnaît tout le mérite. « Tous nos apprentis sont formés de la même manière, mais tout le monde ne se qualifie pas. C’est son investissement et son travail qui l’ont mené là », analyse Olivier Prior.
Un métier d’avenir
Mais c’est aussi grâce à son employeur que le jeune homme peut prendre part à la compétition, puisqu’un programme rigoureux, composé de sept semaines d’entraînement intensives, sont requises pour se préparer à l’épreuve des Championnats. Celle-ci consistera en une mise en situation, avec un espace à raccorder en deux jours maximum. Les douze participants venant des six cantons romands devront également réaliser un tableau de commande, la partie la plus délicate, ainsi qu’une série de mesures avant la mise en service. Rapidité, précision, organisation et résistance au stress seront des qualités essentielles pour se démarquer. « Le plus compliqué, cela va être le temps. Il faudra que ce soit parfait du premier coup », explique Donovan Burgy.
Chez Prior, on croit en ses chances de l’emporter. « C’est un des meilleurs apprentis qu’on n’ait jamais eus », résume Kevin Boerema.
L’objectif du jeune homme : finir sur le podium. Les trois finalistes du Championnat régional de la branche électrique se qualifieront pour les SwissSkills qui auront lieu à Berne en 2027. En attendant, Donovan Burgy se prépare le mieux possible, avec la satisfaction, quoi qu’il arrive, d’avoir obtenu fin juin son CFC d’installateur-électricien. Et de poursuivre son activité chez Prior, en tant qu’employé désormais, dans un métier qu’il aime et qui a un bel avenir. « Nous avons parfois du mal à recruter des apprentis, alors que l’électricien est très recherché et que cet apprentissage offre des débouchés nombreux et variés », rappelle Olivier Prior.
Les Championnats romands des apprentis se tiendront à l’Espace Gruyère, dans le cadre du Comptoir gruérien de Bulle, du 26 au 31 octobre 2026.
Les SwissSkills, c’est quoi ?
Ces tournois mettent en lumière les jeunes apprentis suisses et l’excellente formation professionnelle à travers des compétitions cantonales, nationales, et, pour l’élite des jeunes Helvètes, des tournois européens – EuroSkills – et mondiaux – WorldSkills. Les concours permettent aux apprentis de démontrer leurs compétences dans leur domaine professionnel, en étant mis à rude épreuve sur une durée de 1 à 6 jours. Pour participer à ces tournois, les jeunes doivent être en apprentissage ou avoir achevé leur CFC récemment. Dans ce genre de compétition, les Suisses obtiennent régulièrement de très bons résultats, à l’image de la dernière édition des WorldSills qui a eu lieu à Lyon en 2024, et d’où ils ont ramené quinze médailles : sept en or, sept en argent et une en bronze, classant la Suisse au rang de 3e meilleure nation du monde, et meilleure d’Europe.
Tibaud Balmat

