La candidate Cindy Joliat (PS-Les Vert.e.s) et la sortante Rachel Gueissaz (PLR et sympathisants) ont été brillamment élues à la Municipalité de Sainte-Croix, dans le sillage du syndic sortant, l’UDC & Ind. Yvan Pahud.
La majorité de la future Municipalité de Sainte-Croix est connue à l’issue du premier tour des élections communales qui s’est déroulé dimanche dernier avec un taux de participation de 47,69 %. L’UDC & Ind. Yvan Pahud, syndic sortant, caracole en tête avec 1163 voix, soit 64.50 % des suffrages valables. Il précède Cindy Joliat, PS-Les Vert.e.s, actuelle présidente du Conseil communal et qui, pour sa première participation, obtient 981 suffrages (54,41 %). Elle devance de 50 voix la Municipale sortante PLR Rachel Gueissaz qui en obtient 931 (51,64 %). Tous trois récoltent des suffrages d’autres partis et ne cachent pas leur joie, ni même quelques larmes pour Rachel Gueissaz.
Yvan Pahud lit dans son résultat personnel le reflet de la confiance de la population par rapport à son engagement pour la Commune. Cindy Joliat peine à réaliser son score. « Merci à tous ceux qui ont été derrière nous. Je me réjouis de me mettre à la tâche, de travailler dans le concret »,
assure-t-elle. Rachel Gueissaz se montre également reconnaissante envers celles et ceux qui l’ont soutenue. Elle confie qu’elle espérait « poursuivre son engagement au service de la Commune et de ses habitant.e.s » et se dit « fière et heureuse » de son élection au premier tour. Elle exprime également sa satisfaction de faire équipe avec Cindy Joliat et Yvan Pahud pour la prochaine législature : « nous sommes trois personnalités différentes, à peu près du même âge, ancrées dans la région et désireuses de faire avancer les choses », souligne-t-elle.
Déconvenue
De son côté, Zoé Vuilleumier (PS-Les Vert.e.s) arrive première des viennent-ensuite, avec 800 voix (44,37 %) et se montre ébahie de son résultat : « j’espérais, mais on ne sait jamais à quoi s’attendre », note la jeune conseillère communale, qui s’était engagée dans la politique à 14 ans en intégrant la Commission cantonale des jeunes, avant de s’enrôler au PS lorsqu’elle est revenue à Sainte-Croix après ses études.
Elle devance son colistier Ludovic Heintz, qui obtient 657 suffrages (36,44 %), ancien conseiller communal qui a réintégré les rangs de l’organe délibérant après une absence due à ses obligations professionnelles. Il salue le résultat de groupe de sa liste, « une bonne nouvelle pour notre parti ».
Comme le PS-Les Vert.e.s, l’UDC & Ind. était en lice avec trois candidats. Steve Benoit, chef de groupe, est gratifié de 579 voix (32,11 %) pour sa première participation à une élection municipale et se déclare « très heureux des résultats du jour » et va prendre le temps « d’analyser les chiffres ». De son côté, François Gonthier, novice en politique, décroche 559 suffrages (31 %). « J’ai beaucoup aimé découvrir la préparation d’une élection : on a fait du bon boulot », relève-t-il.
Le PLR connaît une déconvenue, avec le score de Patrice Bez, chef de groupe, qui ne recueille que 534 voix (29,62%). Il ne s’exprime pas sur son résultat personnel, mais dit regretter « d’avoir été attaqué ».
Un second tour à quatre
Pour la suite, Patrice Bez déclare « vouloir se battre pour le deuxième tour ». Réuni lundi soir en assemblée générale, le PLR l’a remis en selle et « il me soutient à l’unanimité », confiait hier matin le candidat. Lundi après-midi, Steve Benoit annonçait qu’il partait seul sous la bannière de l’UDC & Ind., pour tenter de remporter un second siège à l’exécutif. Évoqué dimanche juste après la proclamation des résultats, un possible apparentement entre les partis de droite n’est finalement plus d’actualité
Du côté socialiste, au vu des excellents scores de ses prétendant.e.s au premier tour, il avait été décidé dimanche soir déjà que la formation alignerait tant Zoé Vuilleumier que Ludovic Heintz au second tour, confirme le chef de groupe Pierre-Alain Gerber. Vieux briscard de la politique, il relève que la campagne a été « la plus dure de ces dernières législatures ».
Ces quatre candidatures devraient être confirmées au délai de dépôt des listes, mardi à midi (soit après la mise sous presse du journal). Le dernier mot reviendra aux électrices et électeurs le 29 mars 2026.
Ambiances diverses dans les stamms
À chaque lieu de réunion post-électorale sa couleur, ou plutôt son atmosphère. L’euphorie règne au Restaurant du Centre, où une vingtaine de membres de l’UDC & Indépendants savourent leur progression au Conseil communal. Yvan Pahud, qui a réalisé le meilleur score à la Municipalité, n’est pas présent, il rentre de Genève où il a exprimé les positions de l’UDC à propos des objets fédéraux soumis au vote le même jour. Les discussions pour le deuxième tour se dérouleront plus tard, en comité.
De son côté, le PLR est accueilli au carnotzet d’Alain Duvoisin. L’ambiance est fraternelle, d’anciens édiles comme Philippe Duvoisin, José Gonzalez et Luc Martin sont là. Dans ce décor propice à la détente, une vingtaine de personnes trinquent à la belle élection de Rachel Gueissaz au premier tour. Alors que deux bémols sont presque passés sous silence : le score de Patrice Bez, lanterne rouge du jour à la Municipalité. Et la perte de quatre sièges au législatif, au profit de l’UDC.
Réunis à la Maison de paroisse catholique, les Socialistes et les Vert.e.s joignent l’utile à l’agréable, ou l’inverse. Le score canon de Cindy Joliat, les excellents résultats de Zoé Vuilleumier et de Ludovic Heintz ainsi que le maintien de 25 des 26 sièges actuels au Conseil communal sont certes fêtés, mais avec modération. La bonne vingtaine de participants, au nombre desquels l’ancien syndic Cédric Roten, poursuit la célébration avec une séance de travail animée pour préparer la campagne du second tour.
Glissement à droite au Conseil communal
Au niveau du Conseil communal, le glissement à droite pressenti s’est confirmé. L’UDC & Ind. décroche 19 sièges (14 actuellement), au détriment du PLR qui n’en comptera plus que 11 (15 jusqu’ici), et du PS-Les Vert.e.s qui en perd un, mais en garde 25. Une participation plus faible – 42,24% contre 47,69% pour l’élection à la Municipalité a été observée au niveau du Conseil communal. Une grosse centaine de bulletins nuls ont dû en outre être écartés.
Jusqu’à trente personnes ont œuvré au dépouillement des résultats. Malgré la conjonction des votations fédérales et des élections communales auxquelles s’ajoutait une élection complémentaire au Conseil d’Etat, tout s’est très bien déroulé, relève Stéphane Champod, secrétaire municipal. L’équipe du bureau électoral dirigée par Eric Vuissoz a utilisé pour la première fois un scanner pour lire les bulletins des votations ainsi que l’élection au Conseil d’État et à la Municipalité, informe Stéphane Champod. Les listes des candidats au Conseil communal, souvent panachées, étaient traitées à la main comme lors des précédents scrutins. À noter qu’environ un quart des électrices et des électeurs ont glissé leur enveloppe dans la boîte aux lettres de la commune dans les 48 heures précédant le 8 mars. Rencontrés dimanche à proximité du bureau de vote, les votant.e.s dernière minute évoquent volontiers leur motivation : « je viens voter ici pour le contact humain, rencontrer des gens…», glisse une dame. Une autre trouve « plus amusant » de venir en personne plutôt que de voter par correspondance. Un couple, un peu gêné explique s’être trompé. Il s’est donc déplacé au local de vote pour disposer de nouveau matériel. À la sortie des urnes, deux amis avisent avec humour que « la dernière nuit porte conseil » et qu’il s’agit de « réfléchir mûrement jusqu’au bout » mais aussi « de ne pas se laisser bercer par les stratégies de communication de la Confédération et des partis ». Quant aux élections communales, même si, de leur aveu « ce n’est pas trop compliqué, on ne sait jamais ce que ça va donner, on voit seulement au bout de la première année si on a eu raison ! ».

