Deux mois de festival, une cinquantaine de bénévoles, des centaines de visiteurs et quelques nuits franchement trop courtes. Samedi, le Rupicapra a refermé sa première édition au parc du Collège de la Gare. Alors que les dernières installations disparaissent, Jordan Hertig ne parle ni de fatigue ni de soulagement. Le premier mot qui lui vient est : « nostalgie. »
Il y a deux mois, Jordan Hertig et les siens montaient, branchaient, transportaient et transformaient le parc pour donner corps à ce projet un peu fou imaginé durant l’hiver. Aujourd’hui, le mouvement s’inverse. En voyant partir le container de la buvette, Jordan Hertig mesure à quel point ces deux mois de Rupicapra ont passé vite.
Dans les souvenirs qui restent, il ne choisit pourtant ni un concert ni une soirée. Il parle d’abord des gens. De sa famille, omniprésente à ses côtés, de la cinquantaine de bénévoles et de tous ceux qui ont retroussé leurs manches. « Tout le monde a donné un coup de main. Il y avait une super bonne humeur, un vrai esprit familial. » Une ambiance relevée jusque dans les rangs des artistes, nombreux à saluer la qualité de l’accueil.
450 personnes au rendez-vous
S’il est un domaine où le Rupicapra a largement dépassé les attentes, c’est la fan zone. Et la Nati s’est chargée de bousculer les plans. Avec des matchs à 22h, 3h ou 5h du matin, il a fallu s’adapter. Lorsque le camp de musique occupait le collège de la Gare, impossible de réveiller tout le monde avec une fan zone sous les fenêtres à l’aube. La Commune a alors mis le Centre sportif à disposition et l’installation a déménagé.
Puis est arrivé le fameux Suisse-Argentine à 3h du matin. Quelque 450 personnes ont débarqué en pleine nuit pour vivre ce rendez-vous historique de l’équipe de Suisse. Certains étaient même rentrés se coucher quelques heures avant, histoire de mettre le réveil et de revenir au parc pour le coup d’envoi.
Les journées thématiques ont connu une fréquentation plus fluctuante, avec en moyenne 250 à 300 personnes. Mais Jordan Hertig retient surtout que, pendant deux mois, le parc a vécu sans dégradation. Familles, supporters, enfants, habitués et festivaliers s’y sont côtoyés dans un respect mutuel. Une petite victoire pour celui qui souhaitait aussi casser certains stéréotypes associés au lieu.
Même le soleil aura fini par jouer un tour aux organisateurs. En février, lorsque Jordan Hertig annonçait qu’il allait monter un festival pendant deux mois et qu’il ferait beau, encore fallait-il le croire. Pari gagné, et même un peu trop : la sécheresse a contraint l’équipe à renoncer à la Pool Party prévue pour le clap de fin du 8 août. Les piscines sont restées au sec et la soirée s’est réinventée autour d’un apéritif, du concert de Sunivibe et d’une dernière séance de cinéma en plein air.
« Rendez-vous en 2028 »
Côté finances, il est encore trop tôt pour sortir la calculatrice. Des factures restent à établir et des discussions doivent encore avoir lieu avec les sponsors. Jordan Hertig se montre néanmoins optimiste et tire déjà de nombreux enseignements de cette première édition.
Une suite est d’ailleurs acquise : le Rupicapra reviendra en 2028. Ce rythme bisannuel permettra de suivre le calendrier de l’Euro, mais aussi de ne pas surcharger une saison locale déjà riche en manifestations. Bénévoles et partenaires sont très sollicités et, comme le résume Jordan Hertig, les sponsors « n’ont qu’un seul porte-monnaie ».
Aujourd’hui, le container est parti, il reste encore quelques câbles à ranger et le parc retrouve peu à peu son visage habituel. Pour Jordan Hertig, le rendez-vous est déjà pris dans deux ans.
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