Élu à la Municipalité en 2019 sous les couleurs de la formation à laquelle il s’était rallié en 2011, l’UDC Yvan Pahud, a été porté à la syndicature à fin 2024 suite au départ de Cédric Roten pour la direction de l’ETML de Lausanne. À 45 ans, il a déjà plus de vingt ans d’engagement communal. Il avait rejoint le Conseil communal en 2002, dans les rangs radicaux.
Propos recueillis par C. Dubois
JSCE : Quels sont les points forts de la législature qui vient de s’écouler, que vous avez traversée en tant que vice-syndic, puis syndic ?
Yvan Pahud : La réalisation du MuMAPS a nécessité beaucoup de ressources, c’est un objet du patrimoine qui est important aussi pour l’avenir. Le projet de rénovation de la piscine a représenté un gros travail de la part de deux municipaux et des services communaux. C’est aussi un partenariat public-privé, un projet charnière qui s’inscrit dans une vision du futur pour notre région dans le domaine des loisirs. Nous avons aussi rattrapé notre retard dans la rénovation des infrastructures routières qui desservent les villages et les hameaux. Nous arrivons au terme du système péréquatif précédent qui prévoyait des aides pour des travaux.
Certaines réalisations sont moins visibles…
Oui, mais absolument nécessaires au bon fonctionnement de la commune. Nous avons fait voter le crédit de construction de la nouvelle station d’épuration (STEP). Il y a eu la mise en séparatif des eaux claires et des eaux usées, des choses que l’on ne voit pas, mais qui coûtent. La réfection de la rue du Jura a coûté 4,8 millions, Vers-chez-Jaccard, c’est 2,6 millions. Pour l’assainissement des Gittaz, les travaux sont terminés et le décompte reste à finaliser. À venir, les chantiers de la Rue du Tyrol et la Rue Centrale coûteront 4,8 millions chacun.
La Municipalité a dû gérer aussi le dossier de la construction du parc éolien de la Gittaz et du Mont des Cerfs.
Cela n’a pas été simple. Ce projet était vieux de 20 ans, et les conventions anciennes aussi. Dès que le Tribunal fédéral a donné son feu vert, il a fallu se remettre autour de la table avec Romande Énergie (RE) pour revoir et actualiser les chiffres de départ. Nous avons obtenu ce qui était convenu au départ, à savoir que RE prenait en charge l’assainissement du hameau des Gittaz.
Pour les années suivantes, qu’autorise la marge d’autofinancement ? Est-ce que les taux d’intérêt bas actuels permettent d’accroître la dette ?
Nous avons investi dans la réalisation de gros projets votés par le Conseil communal. Néanmoins, nous avons encore une santé financière stable. Les revenus couvrent les charges, intérêts compris, ce qui permet d’envisager l’avenir avec sérénité. Nous devons cependant être prudents au niveau des charges. La masse salariale augmente chaque année avec les annuités et les indexations. Il y a aussi toujours plus de demandes de la part de la population, nous essayons de faire des arbitrages.
Quant au taux d’emprunt, au début de la législature nous avons même connu des taux négatifs. Aujourd’hui, les taux très bas sont une chance pour les collectivités publiques, qui peuvent continuer à investir sans avoir besoin de recourir à une augmentation d’impôt. Concernant la fiscalité, il est intéressant de constater que 50 % de la population de Sainte-Croix ne paie pas ou très peu d’impôts sur le revenu.
Le technopôle est plein. Une société installée depuis des années doit le quitter mais ne trouve pas de locaux adéquats. Que fait la commune ?
La possibilité de bâtir un Platon 2 existe, une surface est prête et il y a encore des terrains à vendre dans la zone. À ce jour, environ 80 % pourraient être garantis par des entreprises. Nous avons des contacts avec des investisseurs pour construire ce bâtiment. Il y a aussi des possibilités dans des friches industrielles comme l’ancienne fabrique de harpes. Pour les entreprises qui cherchent à grandir, il y a encore des possibilités de développement à des prix attractifs, soit quatre fois moins chers qu’en plaine.
En matière de tourisme, quelle est la collaboration avec l’ADNV ?
J’ai succédé Cédric Roten au Conseil exécutif de l’ADNV. J’y défends les intérêts touristiques de Sainte-Croix/Les Rasses. Avec l’ADNV, nous sommes noyés dans Yverdon-les-Bains et Région. Nous avons maintenant aussi une collaboration avec Métabief et la Robella, qui sont tous deux dans le Magic Pass. Nous devons chercher toutes les collaborations possibles. Vincent Demiéville, nouveau responsable du tourisme Sainte-Croix/Les Rasses, dépend directement des communes de Sainte-Croix et de Bullet. Nous avons gagné en autonomie et en réactivité. Aujourd’hui, nous existons.
Avec la commission de promotion économique, nous devons revoir l’image qu’on veut donner de Sainte-Croix, communiquer, mettre en valeur nos points positifs. En été, quand, en raison du réchauffement climatique, c’est la fournaise en plaine, notre écosystème reste agréable. Et pour les familles, nous avons des écoles, et de nombreuses sociétés et activités. Dans les points positifs, j’inclus la Spartan race, qui fait rayonner Sainte-Croix à l’international.
La législature s’achève. Y a-t-il un ou des dossiers que vous regrettez de ne pas avoir pu avancer ou concrétiser ?
Oui, je pense à deux choses. D’une part la révision du règlement de police. Et, d’autre part, la mise en place de la vidéosurveillance, demandée par une motion déposée au Conseil communal. Nous aurions dû aller plus vite. Ces deux points sont liés aussi aux ressources dont nous disposons à l’interne. La nouvelle adjointe au secrétaire municipal rédige actuellement son travail de diplôme en administration communale sur la vidéosurveillance. C’est une chance.

