Le Ministère public vaudois poursuit seul l’instruction pénale de l’homicide de Paul-André Simon, dont le corps avait été retrouvé en France voisine début novembre 2025. Une prévenue est incarcérée. Des éléments de l’enquête doivent encore être éclaircis.
L’enquête en cours depuis novembre dernier, suite à la découverte d’un corps découpé en France voisine, a permis d’établir que l’homicide avait été commis au domicile de l’auteure présumée, au Château de Sainte-Croix. C’est ce qu’a communiqué lundi le Ministère public vaudois. La victime était le propriétaire de son logement. Le drame s’était noué le 31 octobre 2025, avec la disparition de Paul-André Simon, une personnalité locale bien connue. L’alerte avait été donnée le soir même par son amie et sa nièce, alors qu’il ne répondait pas au téléphone et que sa voiture était stationnée dans la cour.
Le lendemain, un corps mutilé avait été découvert par un pêcheur en bordure de la Saône, sur la commune de Fédry (France). Il s’est rapidement révélé que le cadavre sectionné en deux et qui portait de nombreuses plaies, pouvait correspondre à l’habitant de Sainte-Croix signalé disparu. Une analyse ADN menée par la police scientifique française a confirmé qu’il s’agissait bien du ressortissant du Balcon du Jura.
Interpellation rapide
Deux dossiers d’instruction avaient été ouverts, l’un par le Tribunal judiciaire de Vesoul/F, l’autre par le Ministère public d’arrondissement du Nord vaudois. Récemment, le dossier rédigé par les autorités françaises a été remis Ministère public vaudois (MP) à l’exception du rapport d’autopsie en cours de rédaction. Le Ministère public vaudois va poursuivre seul l’instruction pénale.
Les soupçons s’étaient rapidement portés sur Maeva R. une ressortissante française de 39 ans, locataire du septuagénaire depuis deux ans, qui avait travaillé dans différentes entreprises maraîchères de la région. Elle avait été interpellée le 2 novembre à la douane de L’Auberson et entendue par la procureure du Nord vaudois. Du sang et des éléments accablants avaient été retrouvés dans sa voiture. Avant le drame, elle avait logé dans un gîte à Fédry et procédé à divers achats, dont de la chaux qui a été retrouvée sur le corps de la victime.
Deux incendies
À la prévention d’homicide s’ajoute celle de deux incendies. Elle aurait mis le feu à son logement avant de le quitter, probablement pour effacer toute traces. Elle est vraisemblablement également à l’origine des flammes qui ont ravagé une bâtisse agricole voisine appartenant à son propriétaire, survenu le 22 octobre 2025.
Sept mois après la tragédie, Maeva R. est toujours en détention provisoire dans une prison vaudoise et bénéficie de l’assistance d’un avocat commis d’office. L’instruction se poursuit afin de déterminer les circonstances précises et le déroulé des événements. Contacté hier, le procureur Eric Kaltenrieder ne donnera pas plus d’informations « en raison d’éléments de l’enquête qui doivent encore être éclaircis ». La prévenue est au bénéfice de la présomption d’innocence.
Selon des informations recueillies par le quotidien 24 Heures, Maeva R. a gardé le silence plusieurs mois, refusant de participer à une nouvelle audition par la procureure.
La famille n’en sait pas davantage, reconnaît Sylvie Jaccard, nièce de Paul-André Simon. Son oncle repose désormais au cimetière de Sainte-Croix.

