Sous un ciel d’un beau bleu, armasuisse a officiellement confié à la Commune de Bullet le soin de l’hôtel-restaurant du Chasseron par le biais d’une servitude. Grégoire Wyss en sera le locataire-exploitant dès le 1er juillet 2026.
« Il est des aventures faites de petits miracles, et clairement le Chasseron en est une», a souligné Fabienne Dégailler, syndique de Bullet, en ouverture de la conférence de presse tenue au restaurant du Chasseron jeudi matin, avec plusieurs représentants du propriétaire, armasuisse, et avec le futur locataire-exploitant de l’emblématique établissement du Balcon du Jura, Grégoire Wyss.
Rembobinons : l’an dernier, quand Nicolas Blanchard a annoncé qu’il ne poursuivrait pas l’exploitation du Chasseron à l’issue légale de son bail, soit à fin septembre, armasuisse avait fait part de la fermeture de l’établissement. À la stupeur et à la vive déception des autorités de Bullet, de Sainte-Croix et de tout le Balcon du Jura.
Alors toute nouvelle syndique de Bullet, Fabienne Dégailler avait pris son bâton de pèlerin pour entamer des négociations avec armasuisse. Elles ont abouti hier à la signature des contrats. Avec l’aval de son Conseil communal lors de sa séance de décembre dernier, la commune de Bullet prend en charge l’établissement, pour un loyer de 6’000 francs par an, et ce par le biais d’une servitude. Elle en confie l’exploitation à Grégoire Wyss, qui demeure jusqu’à fin juin chef du Service technique de la Commune de Sainte-Croix. Ce dernier s’acquittera d’un loyer (un peu supérieur à celui perçu de Bullet par Armasuisse) et assumera en sus toutes les charges – électricité, eau, mazout, etc. Il prévoit d’ouvrir le restaurant toute l’année, cinq jours sur sept (sauf lundi-mardi). (Voir aussi l’interview à paraître dans le JSCE de vendredi 29 mai).
Des rencontres
Représentant armasuisse, Olivier Henchoz a rappelé qu’en novembre dernier, il avait déjà souligné que la société immobilière du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) était consciente de l’importance de l’hôtel-restaurant pour le tourisme régional. Il se déclarait enclin à créer les conditions les plus favorables pour la réouverture du Chasseron dans le courant de 2026.
La réussite des démarches couronnées ce jeudi par la signature des contrats doit beaucoup à des rencontres, a rappelé Fabienne Dégailler. Bien avant son retrait, Nicolas Blanchard avait cherché un successeur, et recommandé Grégoire Wyss à armasuisse. Ce dernier caressait déjà le rêve de reprendre un établissement de montagne et avait décroché sa licence de restaurateur pendant ses vacances. Par la suite, la commune de Bullet a retenu la candidature de Grégoire Wyss.
Deux collaborateurs d’armasuisse, Michel Besomi et Michaël Stauffer ont proposé leurs bons offices, tandis que les Municipalités de Bullet et de Sainte-Croix se mobilisaient.
Le temps communal et le temps fédéral ont fait que neuf mois plus tard, les parties en discussions accouchaient d’un contrat qui permet à Grégoire Wyss, soutenu par sa femme Caroline, médecin, et leurs trois enfants, d’entreprendre des travaux de rajeunissement intérieur, avec l’aide inspiratrice de René Schmid et le concours d’une entreprise de menuiserie.
Selon Olivier Henchoz, armasuisse, qui craignait devoir faire une profonde réfection du bâtiment construit en 1898, a été soulagé de réaliser que les travaux nécessaires étaient moins importants qu’imaginé. Dès novembre 2025, la société immobilière a financé des rénovations des installations électriques et de la sécurité incendie. Il a fallu aussi séparer les conduits techniques et réparer la cheminée emportée par un coup de vent, pour 200’000 francs au total selon M. Henchoz.
Les conditions négociées entre les différents partenaires devraient permettre au nouvel exploitant de mettre son équipe en place et de démarrer sereinement. Les partenaires ont dès lors quatre ans pour poursuivre les discussions avec le propriétaire du bâtiment qui demeure dans un périmètre militaire, en vue de conclure un droit distinct et permanent (DDP).
En cas de possibilité d’achat du bâtiment, Bullet sera certainement seule sur les rangs. Syndic de Sainte-Croix, Yvan Pahud a mentionné, en réponse à une question d’un journaliste, que les deux communes n’étaient pas fusionnées, même si elles partageaient, au prorata de leur population des projets comme le complexe Alti’Loisirs à la piscine des Replans et la rénovation de la STEP. D’autre part, Sainte-Croix a aussi ses chalets-restaurants d’altitude, le Mont-de-Baulmes et le Mont-de-la-Mayaz. « Mais tout reste ouvert », a-t-il conclu.

