Créée le 1er avril 2026, la nouvelle holding Movodis SA tourne au vinaigre pour la Compagnie Travys, marginalisée lors de la nomination de la nouvelle direction. Les communes du Nord vaudois gèlent le transfert des actions Travys vers Movodis.
Piloté par le canton qui a mis à son programme de législature le rapprochement des petites compagnies de transport, le projet Movodis SA, qui doit réunir au 1er janvier 2027 les entreprises Travys, le MBC (Morges-Bière-Cossonay) et le LEB (Lausanne-Echallens-Bercher), a infligé un camouflet au Nord vaudois, au moment de nommer ses organes de gouvernance. Le MBC et le LEB emportent la présidence et la vice-présidence du Conseil d’administration, dans une représentation paritaire cependant. Alors qu’au niveau de la direction générale, seul Christian Gex, chef du Département technique de Travys SA, figure dans l’organigramme. Travys n’est pourtant pas un partenaire marginal avec un « poids » qui dépasse le tiers de celui de la nouvelle société, mentionne Jacques-André Mayor, présent du Conseil d’administration de Travys.
Face à cette marginalisation évidente, Pierre Dessemontet, syndic d’Yverdon-les-Bains, un des deux représentants de Travys au Conseil d’administration, a immédiatement démissionné, dénonçant un non respect du principe d’équité à la base du rapprochement des trois entreprises de transport. Directrice de l’ADNV, Nadia Mettraux a également remis sa démission, posant sur la table des exigences éthiques qu’elle ne retrouve pas dans ce conseil.
En réaction, Travys a demandé à ses actionnaires la semaine dernière de suspendre l’échange de leurs actions Travys contre des actions Movodis. C’est ce qu’a d’ailleurs fait la ville d’Yverdon-les-Bains. L’Association des syndics du Nord vaudois a incité les communes actionnaires à faire de même, souligne Thierry Herman, président de cette association. « Nous étions unanimes dans le comité, et cela reflète aussi l’avis de l’ensemble des communes ».
Le Nord vaudois détient entre 35 et 40% des actions de Travys. « Le temps presse » souligne Thierry Herman, et le soutien des communes à la société de transport public du Nord vaudois devrait permettre d’obtenir un rééquilibrage ou des mesures compensatoires, exprime en substance Jacques-André Mayor, président du Conseil d’administration de Travys.
Yverdon-les-Bains n’est pas complètement écarté toutefois. À fin mai 2026, le canton communiquait que ls actionnaires principaux s’étaient accordés sur la localisation du siège de la nouvelle société à Yverdon-les-Bains.
Le canton, qui pousse au boggie pour l’union des trois compagnies, a validé de son côté l’échange d’actions des différentes compagnies contre des action Movodis. À l’issue de cette opération, le Canton détiendra 29,46 % du capital de la nouvelle holding, aux côtés de la Confédération principalement.
Le Conseil d’État a proposé Pascal Broulis comme représentant de l’État de Vaud au sein du conseil d’administration de movodis SA. Actuel délégué du Canton au conseil d’administration de Travys, « il assurera la continuité de la représentation cantonale dans cette nouvelle phase de développement. Son expérience des institutions publiques, des infrastructures et des enjeux de mobilité constitue un atout pour accompagner la mise en place de la holding et le développement des transports publics régionaux », précisait un communiqué du canton à fin mai.

