Les discussions menées entre Travys et ses futurs partenaires au sein de Movodis ont abouti à un rééquilibrage de la représentation du Nord vaudois au niveau de la composition de la direction générale. L’échange des actions Travys contre des titres Movodis est prévu d’ici au 17 juillet.
Le Nord vaudois a obtenu les garanties demandées dans le cadre du projet d’union de Travys avec les compagnies de transport public Lausanne-Echallens-Bercher (LEB), Morges-Bière-Cossonay (MBC) et Travys. Le processus de fusion se poursuit, communiquait vendredi en fin de journée le Conseil d’administration de Travys, présidé par Jacques-André Mayor. C’est une bonne nouvelle pour tous les collaborateurs de Travys qui étaient plongés dans l’incertitude depuis la nomination, il y a deux semaines, des organes dirigeants de Movodis SA, la holding qui doit réunir au 1er janvier 2027 les entreprises Travys, le MBC et le LEB. Le Nord vaudois s’était senti marginalisé dans la première phase des nominations à la direction générale, avec un seul représentant de Travys en la personne de Christian Gex, chef du Département technique.
Des discussions quasi quotidiennes entre les futurs partenaires ont débouché sur des équilibres régionaux avec la nomination de « quatre ou cinq personnes » issues du sérail yverdonnois, selon Jacques-André Mayor, voire six d’après Vincent Jaques, président du Conseil d’administration de Movodis et originaire de Sainte-Croix, pour la petite histoire. Vincent Jaques réfute d’ailleurs toute velléité du Conseil d’administration de marginaliser une région. Selon ce dernier, la crise serait intervenue alors que le choix des douze personnes qui avaient candidaté à l’interne n’étaient pas terminées. Vincent Jaques relève aussi que deux des trois futurs chefs de filiales, « des rôles très importants », seront issus de Travys. Movodis ne prévoit pas de communiquer des noms avant que le recrutement ne soit achevé.
Echange d’actions
Deux autres membres de la direction générale, recrutés à l’extérieur, viendront encore coiffer les secteurs des ressources humaines, des systèmes de l’information et de la cybersécurité. D’autre part, le Conseil d’administration recherche encore deux experts pour ces mêmes domaines. « Des postulations de la région seront prises en compte », souligne de son côté Jacques-André Mayor.
Ce lundi, le Conseil d’administration de Travys a écrit à toutes les communes du district pour demander aux actionnaires de la compagnie de procéder à l’échange de leurs actions Travys contre des actions Movodis. En outre, une rencontre entre les syndics du district, une délégation du Conseil d’administration de Movodis et la Conseillère d’Etat Nuria Gorrite, est agendée tout prochainement.
Le projet de rapprochement des petites compagnies de transport est fortement encouragé par le Canton. À l’issue de cette opération, le Canton détiendra 29,46 % du capital de la nouvelle holding, aux côtés de la Confédération et de la Ville d’Yverdon principalement.
Il était déjà acquis que le siège de Movodis sera établi à Yverdon-les-Bains et que quelques 150 personnes engagées par la nouvelle entité exerceront leur activité sur ce site. Le Nord vaudois s’engage également à proposer deux nouveaux administrateur-trice-s au Conseil d’administration de Movodis d’ici au 22 juillet 2026, dont un-e issu-e de la Commune d’Yverdon-les-Bains. Ces personnes ne sont pas encore désignées.
Jacques-André Mayor relève également « qu’une attention particulière sera accordée à la situation des personnes n’ayant pas obtenu de poste au sein de la direction élargie de Movodis, dans le respect des engagements pris lors des précédentes séances ». Il souligne qu’il continuera à prêter la même attention à ses collaboratrices et collaborateurs dans la poursuite du processus de fusion ». Et qu’il veillera également à ce que les « intérêts de la population du Nord vaudois soient défendus ».
Harmoniser les conditions
De l’aveu des différents partenaires, la sérénité a été retrouvée. Il reste moins de six mois pour refondre les équipes administratives autour des membres de la direction générale maintenant nommés et qui pourront recruter à leur tour. Elles travailleront dès 2027 de manière transversale pour les trois sociétés qui compteront 800 employés.
Il s’agira également d’harmoniser les conditions de travail et les salaires, des discussions sont en cours avec les syndicats à ce sujet. Si Travys et le MBC offrent des conditions assez semblables, le LEB « sort du lot, en raison de ses liens avec les TL», note Vincent Jaques.
Le personnel de terrain restera dans ses filiales respectives, et au plan opérationnel, tout devrait « rouler » au 1er janvier 2027. « Au niveau culturel, il faudra sans doute un peu plus de temps », note Vincent Jacques.

