En complément de l’offre existante, une initiative privée veut proposer un accueil préscolaire à la demi-journée pour soulager les parents et favoriser l’intégration. Un projet porté avec passion par Lydia Ferrari, travailleuse sociale, qui pourrait voir le jour en 2027.
Sur le Balcon du Jura, les parents d’un jeune enfant ont un nombre d’options limité pour le faire garder. En préscolaire, la garderie Les Trolls a une capacité d’accueil de 32 places à plein temps, de la fin du congé maternité jusqu’à 4 ans. Elle s’adresse en priorité aux parents en emploi, le taux d’activité jouant un rôle déterminant.
Vingt-cinq enfants des communes de Sainte-Croix, Bullet et Mauborget se trouveraient ainsi en liste d’attente actuellement pour le préscolaire, avec des besoins très variés, d’une demi-journée à la semaine complète, rapporte Sylvain Fasola, chef du Service de la Jeunesse et de la Cohésion sociale.
C’est à partir de ce constat que Lydia Ferrari a l’idée de mettre sur pied une structure qui comblerait ces besoins et s’adresserait à un autre type de public. Formée à la Haute école en travail social, elle travaille depuis 2017 dans le domaine préscolaire. Dans le cadre de son activité professionnelle à Lausanne, elle découvre le concept des Jardins d’enfants, un accueil à la demi-journée uniquement, sans sieste et sans repas, pour un maximum de 15 enfants, de 2 à 4 ans. Un nombre idéal, selon elle, pour mettre en place des activités d’éveil dans le respect du rythme de chacun.
Intégration sociale des enfants et des familles
Complémentaire à la garderie Les Trolls, le Jardin d’enfants s’adresserait ainsi à ces parents qui se retrouvent hors course pour y obtenir une place de garde. « En garderie, le but principal est de permettre aux parents d’aller au travail, alors qu’en Jardin d’enfants, l’objectif est aussi la socialisation avant d’entrer à l’école. Même si ce n’est qu’une ou deux matinées par semaine, l’enfant s’ouvre à d’autres personnes et apprend certaines règles de la vie en groupe », explique la travailleuse sociale.
En plus de l’accueil standard, Lydia Ferrari imagine aussi la mise en place d’une « halte-jeu », un système répandu en plaine qui permet d’accueillir ponctuellement des enfants entre deux ans et demi et cinq ans qui ne seraient pas inscrits de manière régulière dans une structure de garde. « C’est un espace pensé dans une logique de dépannage. Lorsqu’un parent a un rendez-vous imprévu, un entretien d’embauche par exemple, il peut déposer son enfant pour quelques heures ».
Visant également l’intégration sociale des parents, Lydia Ferrari souhaite proposer un accueil parent-enfant pour partager des activités, créer des liens ou encore soutenir l’intégration de parents allophones.
Un projet encore à défendre
L’Association Jardin des familles, constituée de quatre bénévoles, a été créée dans le but de mettre sur pied ce projet à visée multiple. L’engagement d’une personne à la direction, d’un ou une professionnelle de la petite enfance, ainsi que d’un ou une auxiliaire pour la halte-jeu sont prévus.
Afin de pouvoir proposer un tarif attractif aux familles, la prochaine étape consiste à adresser différentes demandes de subventions. Du côté de la commune de Sainte-Croix, actuellement en train de mettre en place le réseau d’accueil de jour régional, fusion des structures de Sainte-Croix, Bullet, Mauborget, Baulmes et Vuiteboeuf, on indique que c’est la prochaine Municipalité, qui reprendra la main sur ces dossiers dès le mois de juillet, qui devra se positionner sur un éventuel soutien, une fois les contours du projet clarifiés.
L’association prévoit donc de solliciter d’autres organismes, notamment la Direction générale de l’enfance et de la jeunesse (DGEJ), l’OFAS (Office fédéral des assurances sociales) ou encore la Loterie romande. Elle doit leur présenter un dossier détaillé du projet, et une liste d’enfants préinscrits. « Il faudrait un minimum de 8 inscriptions par demi-journée pour que le projet Jardin d’enfants puisse voir le jour, mais en-dessous de ce seuil, nous proposerons tout de même un accueil limité sous forme de halte-jeux, une à deux matinées par semaine », explique Lydia Ferrari qui lance un appel aux parents intéressés pour effectuer une préinscription sur le site de l’association.
L’horaire envisagé serait de 7h30 à 12h30, sans repas, 45 semaines par année, avec la possibilité de n’inscrire son enfant qu’à une ou plusieurs matinées par semaine. Si tout se passe comme prévu, le Jardin d’enfants pourrait ouvrir en janvier 2027.
Pour plus d’informations et effectuer une préinscription, sans engagement, rendez-vous sur le site de l’Association : Jardindesfamilles.ch
Intégration au réseau d’accueil régional
L’accueil de jour à Sainte-Croix est financé à hauteur de 40% par les communes des enfants concernés, 40% par les parents, et 20% par les subventions cantonales accordées aux communes par la fondation pour l’accueil de jour des enfants (FAJE). En tant que structure privée, l’Association Jardin des familles tablait sur une convention de collaboration avec le tout nouveau réseau d’accueil de jour, afin d’accueillir des enfants en liste d’attente dans le public, et pouvoir ainsi toucher des subventions cantonales.
S’il estime que l’initiative privée du Jardin d’enfants répond effectivement à des besoins de la commune, le chef du Service de la Jeunesse et de la Cohésion sociale, Sylvain Fasola, indique avoir demandé que des garanties d’une séparation des rôles entre l’Association Jardin des familles et l’église Impact soient apportées. Les locaux du futur Jardin d’enfants se situeront en effet dans le bâtiment de cette dernière au Platon.
Lydia Ferrari indique que les membres du comité sont ouverts à collaborer en toute transparence avec la Commune à ce sujet. « On est conscient que cela puisse être un point délicat, mais l’association et l’église Impact sont deux entités distinctes. Nous souhaitons accueillir tout le monde, quelle que soit l’origine et la confession, et être laïque au sens que chacun soit libre et respecté dans ses croyances et ses valeurs », déclare-t-elle.
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