Confrontée à un excès de trafic depuis la déviation de la RC 254 par Mauborget, la Municipalité de Baulmes a voulu dans un premier temps fermer la route du Col de l’Aiguillon et celle de la Limasse. Deux mesures ont finalement été prises : l’interdiction de la route du Col aux poids lourds où la circulation générale reste autorisée et la fermeture de la route de la Limasse.
À une semaine de la réouverture de la route de la Côte reliant Sainte-Croix à Vuiteboeuf, une annonce de la Municipalité de Baulmes publiée le 14 août dans le Bulletin des avis officiels de la commune a suscité de nombreuses réactions. Il y était indiqué que « dès le 18 août au matin, le Col de l’Aiguillon et la route de la Limasse, qui sont des chemins privés communaux, seront fermés à la circulation ». L’annonce précisait également que les accès aux alpages et à la buvette de Grange-Neuve restaient possibles, en passant par le village de Baulmes. Ce qui impliquerait un détour substantiel pour les personnes du Balcon du Jura souhaitant y accéder.
Contacté, le syndic de Baulmes, Jaques-Yves Deriaz, rectifie le propos : « l’idée première était effectivement de fermer la route. Toutefois, quatre enfants scolarisés à Sainte-Croix résident dans des chalets d’alpages appartenant à la commune de Baulmes. Afin que ceux-ci puissent être conduits à l’école, la route ne sera finalement pas fermée ». Seule la route de la Limasse sera fermée dès le 18 août, en raison de « coupes de bois urgentes, qui doivent être effectuées à cause du bostryche ».
Le chef de l’exécutif baulméran explique que selon la Municipalité, et sous réserve d’approndissement de ce point, l’accord de la Direction générale des routes et de la mobilité (DGMR) n’est pas nécessaire dans le cas présent, car les routes concernées appartiennent à la commune et ne relèvent pas du domaine public.
La DGMR indique de son côté que bien que la route du Col de l’Aiguillon soit communale, elle est concernée par des servitudes de passage publiques : « dès lors qu’une route est ouverte à un nombre indéterminé de personnes – ce qui est le cas si elle est accessible au public – elle est considérée comme voie publique au sens de l’article 1 de la Loi fédérale sur la circulation routière (LCR). Par conséquent, le Canton est seul compétent pour autoriser une telle fermeture », précise Romaine Florey, conseillère en communication de la DGMR.
Route dégradée
L’état de la chaussée et l’excès de trafic semblent figurer parmi les raisons qui ont incité la Municipalité baulméranne à vouloir fermer la route. Le syndic relève les importantes dégradations constatées depuis la mise en place de la déviation liée à la fermeture de la RC 254. « La Municipalité a déjà entrepris des démarches auprès de la DGMR, afin de discuter d’un soutien financier en vue des réfections nécessaires. Nous allons maintenant concrétiser les choses ». En attendant, une signalisation provisoire interdisant l’accès aux poids lourds dans le Col de l’Aiguillon a été mise en place le vendredi 15 août, avec effet jusqu’au 24 août compris, date de la réouverture de la RC 254. « Nous discutons de ce point depuis la fermeture de la Côte de Vuiteboeuf, mais rien n’a été entrepris par la DGMR. Cette mesure, était d’ailleurs à bout touchant avant les vacances et avec notre ancienne municipalité. Mais au vu des procédures pour aboutir à la pose de panneaux définitifs, il était nécessaire de prendre des mesures provisoires depuis le début des travaux de la RC 254 », relève Jaques-Yves Deriaz. La DGMR précise « qu’une signalisation définitive interdisant le passage du col de l’Aiguillon aux poids-lourds est à l’étude entre la DGMR et les Communes de Baulmes et de Sainte-Croix ».
L’accès à Baulmes, ainsi qu’à Grange-Neuve reste possible depuis Sainte-Croix via La Gittaz. Camille Joseph, tenancière du chalet-restaurant, indique avoir été informée, une semaine avant l’annonce de la Municaplité, du projet de fermeture de la route : « nous avons signalé au syndic que cela posait de nombreux problèmes. D’une part, nous devons pouvoir amener nos enfants à l’école. D’autre part, cela aurait énormément péjoré l’accès à notre chalet-restaurant pour notre clientèle, dont près 70% arrivent via Sainte-Croix. Nous avons aussi indiqué que cela serait problématique du point de vue des services de secours, comme les ambulances ou les pompiers ». Elle précise avoir par la suite reçu une confirmation écrite du syndic de Baulmes, déclarant que la route du Col de l’Aiguillon ne serait finalement pas fermée. « Nous vivons de cette route », conclut Camille Joseph.
M. Schreyer

