Les deux semaines du camp de musique de la SCMV se sont clôturées par le traditionnel concert du jeudi soir, le 9 juillet. Les musiciennes et musiciens, âgés de 12 à 20 ans, ont offert au public réuni au Centre sportif de Sainte-Croix un voyage musical dans un univers fantastique aux sonorités épiques.
Les premières notes résonnent et plongent d’emblée le public dans un monde fantastique, fait d’épopées à cheval, de dragons, de grandes batailles et d’une bonne touche de magie. Le premier morceau interprété par la centaine de jeunes musiciennes et musiciens du camp de la Société cantonale des musiques vaudoises (SCMV), « Epic Venture », donne le ton. La mélodie, rythmée et joyeuse, offre aux auditeurs, réunis dans un Centre sportif comble le jeudi 9 juillet, une évasion imaginaire dans un monde épique.
Et qui dit aventure fantastique dit aussi conte : en fil rouge des pièces musicales, un barde, le célèbre Albion Le Magnifique, a narré deux récits. D’abord celui d’Eliotte et de Matthias, puis celui du chevalier Elias. Mais le pauvre poète n’a toutefois pas reçu l’autorisation du chef d’orchestre de chanter son récit, faute semble-t-il de savoir-faire en la matière. Pour ce qui est de la narration toutefois, le talent du comédien Paul Berrocal, qui interprétait le barde, était bien réel.
Au fil de la soirée, tant le programme élaboré par Stéphane Pecorini, directeur musical, et Gauthier Dupertuis, directeur invité, que les histoires contées, ont fait honneur au thème choisi par les responsables du camp pour cette 44e édition.
Pour Stéphane Pecorini, le choix d’un fil rouge est important : « J’aime le fait de choisir une thématique, cela donne une unité au spectacle », confie-t-il. Il explique par ailleurs suivre l’idée de faire jouer aux jeunes d’autres pièces que celles qu’ils sont amenés à jouer pendant l’année dans leur ensemble ou leur école de musique.
Une ambiance épique
Les amateurs de musique de films avaient de quoi être comblés par les œuvres musicales, qui transposaient toute une palette d’émotions et d’atmosphères en rythmes et en accords. Chaque registre était tour à tour mis en vedette dans les morceaux interprétés. Les parties puissantes jouées par les cuivres et accompagnées de percussions fortes laissaient place à des résolutions douces, d’abord à la flûte, puis en ensemble. Tantôt héroïque et épique, tantôt mystérieuse ou encore dramatique, l’ambiance sonore incarnait parfaitement le style fantastique tel que l’on peut le trouver dans les bandes-son de films bien connus.
En deuxième partie de soirée, les percussions et tambours ont interprété quatre pièces. Pour la première, nommée « Une baguette pour les gouverner tous », en référence au film « Le Seigneur des Anneaux », les percussionnistes se sont armés non pas d’épées, mais de manches à balai et de couvercles de casseroles. Les tambours ont ensuite fait preuve d’agilité à coups de baguettes, jonglant et tapant sur les tambours voisins.
Un challenge réussi
Le concert s’est conclu sur un conte musical, « La sorcière et le chevalier » de Théo Rossier, un morceau d’ensemble alternant musique et narration, et reflétant d’une belle coordination entre le barde et les musiciens. Une pièce qui a été le point de départ de tout le programme musical, né de la collaboration entre Stéphane Pecorini et Gauthier Dupertuis. Ce dernier, compositeur et chef d’orchestre âgé de 28 ans, dit adorer la musique de film. Il a dirigé les musiciens pour deux morceaux qu’il a lui-même écrits. « Composer, c’est un travail assez solitaire. C’était donc très intéressant de pouvoir échanger avec les jeunes au sujet de ces pièces lorsqu’on a répétées ».
Selon Gauthier Dupertuis, les deux œuvres, « Postcards from tomorrow » et « Stratoscape », étaient à la limite de ce qui est faisable en moins de quinze jours de camp, offrant un véritable challenge aux musiciens et à leurs professeurs. « C’était un travail intensif, mais on a senti que les jeunes étaient très motivés et qu’ils avaient envie de réussir. On les entendait siffler les mélodies dans toutes les pièces ! », partage-t-il.
« Les élèves viennent chercher ce challenge », explique Stéphane Pecorini. « Il y a un très bon niveau dans les écoles de musique du canton, et le camp illustre justement la qualité de l’enseignement musical ». Les jeunes du camp sont répartis en deux groupes, en fonction de la difficulté des morceaux. Pour Stéphane Pecorini il est important que les deux ensembles atteignent un même niveau de prestation. Le directeur musical conclut : « C’est un immense plaisir que de participer au camp, qui se déroule toujours très bien. On crée un vrai lien avec les musiciens et l’équipe d’accompagnement, c’est super de se retrouver d’année en année. »
Une première expérience, un dernier souvenir
Elles ont 12 et 20 ans. Toutes deux musiciennes, elles ont pris part au camp de la SCMV cette année. Pour Délia c’était une première. Pour Romane, une dernière.
Délia
Pour Délia qui pratique la flûte traversière depuis trois ans, le camp était une « nouvelle aventure ». « On joue plusieurs fois par jour, mais on a aussi plein d’activités comme le tennis, le volley ou la salsa. »
À 12 ans, deux semaines loin de la maison peuvent paraître longues. Pas pour elle. « C’est juste la bonne durée pour se faire des amis. Une semaine, ce serait trop court ! » Elle imagine déjà revenir l’année prochaine, séduite par « la bonne ambiance ».
Romane
Pour Romane, 20 ans, ce camp avait la saveur douce-amère des dernières fois. Trompettiste, originaire de Nyon, elle n’a manqué aucune édition depuis l’âge de 12 ans. À l’époque, se souvient-elle, la perspective de l’expérience était un peu angoissante. « Deux semaines ça paraissait long. Au début tout change, les horaires fixes, c’est un gros changement de vie. Mais ça s’est super bien passé, on se fait plein d’amis de tout le canton, et certains pour la vie », explique la jeune femme.
Le camp, c’est aussi l’occasion de côtoyer des professeurs et des chefs talentueux, de vivre sans les parents pendant deux semaines et de partager les longues soirées entre amis. Pour Romane, les fous rires et tous ces petits moments qui rythment ce quotidien spécial sont déjà des souvenirs. La veille du concert, son émotion était déjà palpable. « Je me sens émue que ce soit mon dernier camp, à chaque fois que j’y pense j’ai envie de pleurer. »
M. Miles

