La conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider était en visite au Réseau Santé Balcon du Jura, jeudi 10 septembre. L’occasion pour l’hôpital régional de lui présenter son modèle de soins intégrés et de s’attirer un soutien politique.
Déjà conviée pour les célébrations des 10 ans du RSBJ, auxquelles elle n’avait pu se rendre, Elisabeth Baume-Schneider a finalement pu honorer cette invitation jeudi dernier pour une visite de l’hôpital, de l’EMS, puis du cabinet médical des Alpes. Elle était notamment accompagnée par le conseiller d’État vaudois Roger Nordmann, responsable depuis quelques mois du département de la santé et de l’action sociale, de la directrice générale de la santé Laurence Boland, des membres du Conseil d’administration (CA) du RSBJ, du syndic Yvan Pahud et de la Municipale Zoé Vuilleumier.
Pour des raisons liées à la confidentialité des patients et des résidents de l’hôpital, seule la deuxième partie de la visite, un tour rapide du site des Alpes, était ouverte aux médias. Au cours de la présentation du CMS, la conseillère fédérale a pris le temps de bavarder en toute simplicité avec quelques bénéficiaires présents, qui n’ont pas semblé trop perturbés par la petite quinzaine de personnes traversant leurs locaux.
Mais au-delà des sourires et de la bonne humeur ambiante, l’enjeu de cette après-midi était important pour l’hôpital régional qui cherche des appuis. Si les coupes de mars dernier dans les prestations d’intérêt général (PIG), soit 170’000 francs dans son budget, n’ont pas remis en question sa survie, le maintien de la structure hospitalière à Sainte-Croix telle qu’elle est aujourd’hui dépend en grande partie du bon vouloir politique dans un contexte de concurrence accrue entre les hôpitaux.
« Toute la préparation qu’on a faite autour de la venue de la conseillère fédérale était centrée sur le principal message qu’on voulait faire passer : les soins intégrés », explique Corinne Morel, directrice du département des soins et responsable du CMS au RSBJ. Car l’objectif du plan stratégique 2022-2026 élaboré par le RSBJ de se profiler comme un modèle de soins intégrés au niveau national va dans le sens souhaité par la Confédération d’une meilleure maîtrise des coûts de la santé.
Le rôle de laboratoire grandeur nature d’un réseau santé périphérique à taille humaine comme le RSBJ a également été mis en avant par Oscar Daher, directeur médical, dans sa présentation. « Nous sommes une réponse locale à un défi national ».
Présence fédérale, soutien du Canton ?
Si son discours qui a clos la partie officielle était valorisant à l’égard du RSBJ, en interview Elisabeth Baume-Schneider a toutefois rappelé le rôle limité de la Confédération en ce qui concerne la planification hospitalière. « Ce n’est pas un hasard si j’ai choisi de venir ici, c’est un signal politique positif. La Confédération considère que les réseaux de soins intégrés ont du sens pour les régions et peuvent contribuer à la maîtrise des coûts de la santé. Après, décider si un hôpital doit rester tel qu’il est ou évoluer, c’est de la compétence des cantons ».
À ce titre, la présence de Roger Nordmann, qui a repris le Département de la santé et de l’action sociale suite au départ de Rebecca Ruiz au printemps, revêtait un caractère encore plus stratégique pour les acteurs locaux. « C’est la venue de la conseillère fédérale qui a fait venir Roger Nordmann. On espère que cela engage un peu plus le Conseil d’État et que cela les incite à maintenir une structure qui fonctionne à Sainte-Croix et ne pas diminuer le soutien cantonal », explique en substance Yvan Pahud.
Lors de sa prise de parole, le Conseiller d’État a salué le modèle du RSBJ et en a profité pour faire passer un message politique à deux semaines des votations. « J’aimerais que le Canton continue à vous soutenir, mais la votation du 27 septembre sur la baisse d’impôts sur les revenus pourrait avoir des répercussions sur le budget de la santé avec, en cas d’acceptation, un risque de coupes importantes pour la santé », a exposé le ministre socialiste.
Pour le syndic de Sainte-Croix, que la votation soit ou non acceptée, les défis financiers restent, in fine, un choix politique. « Les trois-quarts des subventions vont au CHUV qui fait un énorme déficit. La question est : faut-il couper dans les subventions apportées aux hôpitaux régionaux pour le sauver ? ».

