Derrière la mythique course, dont la 5e édition débutera ce vendredi soir à Sainte-Croix, il y a un travail de longue haleine qui occupe les organisateurs pendant près d’un an. Un travail d’équilibriste entre créativité, considérations sécuritaires et réalités du terrain.
Les travaux d’installations en vue de la prochaine Spartan vont bon train. Cinq camions ont traversé la frontière vendredi passé pour acheminer plusieurs tonnes d’obstacles en kit à monter. Durant toute la semaine qui précède le coup d’envoi de la manifestation, avec le départ de la Night Sprint du vendredi, une quinzaine de personnes s’attellent à construire le parcours qui fera suer les sportifs.
« Certains obstacles sont placés en bordure de route, puis mis en place à la dernière minute pour éviter de bloquer la circulation trop tôt », explique Alexis Carrara, responsable communication de Gorilla Corporation, la société qui organise les Spartan en Suisse.
Une fois monté, chacun d’eux est testé pour valider sa conformité et son niveau de sécurité.
Élaborer l’expérience parfaite
Les courses du week-end – Kids Race, Sprint, Super et Beast – sont la pointe de l’iceberg. Pour concevoir un parcours grandiose, les préparatifs commencent déjà en septembre de l’année précédente. Si les enjeux restent les mêmes en fonction du type de course, chaque année les organisateurs doivent innover pour se démarquer et proposer de nouveaux challenges aux coureurs, tout en s’assurant de la faisabilité du tracé.
« Nous avons la chance d’avoir dans notre équipe un Spartan racer qui nous amène l’expérience du sportif. Il a une réflexion sur la manière d’enchaîner montées et descentes, comment positionner les obstacles au bon endroit. On doit trouver l’équilibre pour que ce ne soit ni trop dur ni trop facile. Il faut avoir finalement une vue d’ensemble, on doit être attentifs au chevauchement de certaines courses et l’affluence des coureurs », explique Vadym Lupo, directeur général de Gorilla Corporation.
La franchise Spartan propose des kits d’obstacles qui peuvent être adaptés au lieu, comme la tyrolienne, un incontournable. Et l’emplacement lui-même offre un terrain de jeu naturel.
« À Sainte-Croix, on va moins haut qu’à Verbier, mais cela reste des courses difficiles et stratégiques car il y a beaucoup de relances entre les montées et les descentes », décrit Vadym Lupo.
Faire avec les contraintes
Avec l’expérience, les organisateurs sont en mesure de proposer un premier tracé qu’ils confrontent ensuite au terrain. Les propriétaires concernés doivent donner leur accord. « À partir de là, il y a une séance avec la commune, les gardes-forestiers, et on discute de ce qui est faisable ou non en termes de respect de la faune et de la flore, avec les contraintes liées aux routes à fermer. Puis, un plan du parcours et des obstacles retenus est envoyé au Canton et au Bureau sanitaire des manifestations (BUSAMA) pour validation et autorisations sur le plan de la sécurité médico-sanitaire », explique Vadym Lupo.
Les aléas météorologiques peuvent nécessiter de revoir le parcours ou renoncer à un obstacle au dernier moment. « La course a lieu par tous les temps, mais si nous estimons qu’en raison de la pluie, un obstacle devient dangereux, nous n’hésitons pas à le supprimer », souligne Vadym Lupo. Certains lieux sont aussi écartés du parcours, car jugés trop à risque. « J’aimerais bien faire passer les coureurs au Saut de l’Eau car la zone est vraiment très belle et technique, mais pour des raisons de sécurité on a pour l’instant dû y renoncer », explique le directeur général.
Un rendez-vous immanquable
Avec Verbier, la Spartan de Sainte-Croix est la seule autre course de ce type organisée en Suisse. Et selon les organisateurs, elle n’a rien à envier à l’épreuve valaisanne. « Faire face à Verbier, ça peut sembler être David contre Goliath, mais Sainte-Croix a vraiment sa particularité. Le panorama est différent, c’est plus ouvert, et quand on est sur la crête et qu’on regarde dans la vallée, on prend un bon coup, c’est incroyable. Les athlètes recherchent cet effet « waouh » aussi », affirme Alexis Carrara.
Avec plus de 5’500 personnes attendues ce week-end, soit un nombre similaire à l’année dernière, la Spartan de Sainte-Croix est désormais un grand rendez-vous de l’année. Pour les organisateurs, ce sera l’aboutissement d’un an de travail, un peu comme une Spartan, faite d’obstacles à surmonter mais de beaucoup de joie à l’arrivée. « On se met la pression pendant douze mois pour que la course se fasse, on a des problèmes, on trouve des solutions. Mais quand on voit quelqu’un qui franchit la ligne d’arrivée, qui s’est dépassé, ça a clairement du sens pour nous et ça nous motive à organiser ce type d’événement ».
La Spartan 2027 à Sainte-Croix est déjà confirmée.
Les nouveautés cette année
Qu’est-ce qui attend les coureurs de la Spartan de Sainte-Croix en 2026 ? Dévoilé trente jours avant l’événement sur les réseaux sociaux de l’organisation, le parcours prévoit quelques nouveautés, dont un changement de sens des courses, et un départ « exigeant », avec de nombreux petits obstacles, qui donnera une belle visibilité au village, selon les organisateurs.
La Night Sprint du vendredi démarrera une heure plus tard cette année, soit à 21h, pour proposer une expérience encore plus nocturne.
« On a des départs jusqu’à 22h30, donc les gens ont envie d’être dans la nuit », explique Alexis Carrara.
Deux nouveaux obstacles feront également leur apparition pour la première fois en Suisse à Sainte-Croix. L’un d’eux, à guetter à l’arrivée, sollicitera les compétences de grimpe des coureurs, l’autre constitué d’un mur suspendu, constituera un obstacle « magnifique mais difficile ».
Cette édition sera-t-elle plus dure que les autres ? « Elles sont toujours dures », concluent les organisateurs avec un sourire.
Coup d’envoi le 12 juin.

