Forte de son succès aux élections municipales, la gauche compte bien asseoir à nouveau un syndic issu de ses rangs à la tête de l’exécutif sainte-crix. Fraîchement élue, Cindy Joliat a été choisie pour disputer la fonction convoitée à l’UDC et Ind. Yvan Pahud, qui occupe le poste depuis le départ du syndic socialiste Cédric Roten.
Ce sont des candidats que tout oppose ou presque. Cindy Joliat est l’un des nouveaux visages que prendra la prochaine législature 2026-2031. Élue sur la liste PS-Les Vert.e.s avec 54,41 % des suffrages, soit le deuxième meilleur résultat derrière Yvan Pahud (64,5 %), elle a peu d’expérience en politique. Mis à part un passage au législatif il y a vingt ans, dans le groupe PS déjà, elle a rejoint le Conseil communal l’année dernière… en prenant directement la présidence. « Je n’ai vraiment peur de rien ! », plaisante-t-elle à cette évocation.
La fonction de syndique lui fait de l’œil car, dit-elle, elle lui permettra notamment de s’impliquer dans les différents domaines qui l’intéressent. Elle se sent également apte à apporter son soutien à ses collègues municipaux grâce aux connaissances et aux compétences qu’elle a acquises dans ses activités professionnelles. Notamment à la Confédération, où elle a travaillé pendant treize ans comme gestionnaire immobilier pour armasuisse, et pour le Canton, où elle était cheffe de section du patrimoine financier, des ressources et des locaux.
« La gestion contractuelle et financière en administration publique, c’est mon métier. Et j’ai aussi les contacts noués dans les différentes administrations, à des niveaux importants où j’ai travaillé, ainsi que le soutien de nos collègues de gauche au Conseil national en cas de besoin ».
Encouragée par ses bons résultats dans les urnes, elle a inspiré confiance à son parti qui croit en sa capacité et sa légitimité à assumer le rôle convoité. « Son plus gros point fort, c’est son expérience professionnelle. Elle retrouvera à la Municipalité des tâches similaires à celles qu’elle a assumées », souligne Pierre-Alain Gerber, chef de groupe du PS – Les Vert.e.s à Sainte-Croix.
Le basculement à gauche de l’exécutif a conforté le parti dans l’idée de reprendre le contrôle de la Municipalité, perdu lors du départ de Cédric Roten en janvier 2025. Pour Pierre-Alain Gerber, la personnalité ouverte de Cindy Joliat et son profil « moins pur et dur » en politique peuvent apporter un apaisement, loin du combat idéologique qu’il estime stérile au niveau communal.
Expérience et réseau extérieur
Face à Cindy Joliat, Yvan Pahud (UDC et Ind.) défend sa légitimité à poursuivre dans le rôle de chef de l’exécutif par son résultat à l’élection municipale, et mise sur son expérience en politique communale pour convaincre. Lui-même est fier de son parcours par paliers : d’abord conseiller communal durant près de vingt ans, puis municipal depuis 2019, il a été vice-syndic avant de briguer et occuper le poste de syndic, laissé vacant par Cédric Roten pour la fin de la législature.
Avec une Municipalité en plein renouvellement (avec l’élection de Cindy Joliat, Zoé Vuilleumier et Ludovic Heintz), Steve Benoit, chef du groupe UDC et Indépendants, plaide, lui aussi, la logique de la stabilité. « La solidité du dossier d’Yvan Pahud n’est plus à démontrer. Sa force réside dans son bilan et sa connaissance technique des dossiers : à l’heure où trois nouveaux membres arrivent sans expérience de l’exécutif, c’est un rempart contre l’incertitude ».
Quant à la légitimité de la gauche à revendiquer la fonction en raison des sièges gagnés à l’exécutif, Yvan Pahud invoque un rééquilibrage nécessaire. « Aujourd’hui, la Municipalité ne reflète pas le Conseil communal qui est majoritairement à droite. Donc on peut atténuer les blocages qui pourraient survenir en ayant un chef de l’exécutif qui représente la majorité du Conseil ».
Finalement, son rôle de Conseiller national reste l’atout dans la manche d’Yvan Pahud. « Ses liens forts avec Lausanne et Berne sont cruciaux. Pour obtenir des subventions et défendre nos projets régionaux, Sainte-Croix a besoin d’un visage reconnu et respecté au-delà de nos frontières », souligne Steve Benoit.

