Sobre mais chaleureux, le nouvel intérieur de l’ancienne Coopérative de consommation, aménagé en boulangerie dès les années soixante, embaumera à nouveau le pain frais dans deux jours. Les locaux complètement rénovés comportent également un tea-room, un bar et une petite surface avec des produits de base.
Abigaël Barraud et Alexandre Jaccard savaient dès le lancement de leur projet que le chemin serait long jusqu’à l’aboutissement du rêve: ouvrir une boulangerie-pâtisserie-épicerie à L’Auberson. Elle allait s’appeler « Chez Bigou », surnom de la jeune femme de 29 ans titulaire de deux CFC, boulangère-pâtissière et cuisinière, ainsi que d’une licence de restauration.
Leur patience a été mise à l’épreuve et leur programme chamboulé. De longs mois ont en effet été nécessaires pour décrocher toutes les autorisations nécessaires.
« Nous sommes très reconnaissants envers la Société de la Coopérative de consommation, qui nous a vendu le bâtiment, d’avoir cru en nous et de nous avoir soutenu tout ce temps », confie Abigaël Barraud à quelques jours de l’ouverture de son commerce, tandis que le peintre apporte les dernières retouches et que les premiers produits sont livrés au magasin.
Tea-room de 25 places
Pièce maîtresse du laboratoire complètement rafraîchi, avec un espace séparé pour la pâtisserie, le vénérable four à pain du commerce sis à la Grand-Rue 122 a repris du service, et dimanche, il livrera une fournée de miches de pain au levain, confectionnées avec des farines non transformées et un choix de pâtisseries maison en lien avec la saison.
Les yeux brillants de fierté, la jeune femme fait visiter son royaume de plus de 300 mètres carrés, que l’on aperçoit déjà derrière les quatre vitrines étincelantes. À gauche de l’entrée, un espace tea-room cosy de 25 places, avec des sièges en tissu autour de petites tables gris foncé.
Au second plan, un bar en sapin de belle facture et ses sièges hauts assortis offrent un espace convivial pour boire un verre et sociabiliser après le travail. « Nous avons voulu un décor rustique mais classe, dans lequel on se sent bien », souligne de son côté Alexandre Jaccard.
La partie épicerie prend place sur la droite de l’entrée, dans des rayonnages aux teintes bleu nuit et bois. Pour l’achalander, « nous avons choisi des produits de base, en faisant attention de ne pas concurrencer ce que propose déjà la fromagerie Tyrode et en veillant à ce que les prix soient proches de ceux des grandes surfaces », précise Abigaël Barraud. Le réassortiment tiendra compte des préférences de la clientèle. Les pains trôneront en bonne place en face de l’entrée, et une partie des viennoiseries sera disponible en self-service.
Solidarité
Pour réaliser leur nouvel environnement professionnel, Abigaël et Alexandre se sont appuyés sur le menuisier Grégory Garin qui a conçu le mobilier du bar et les rayonnages, ainsi que le dessin des lames ajourées du décor qui symbolise le Chasseron et les sommets voisins. Il a aussi coordonné le travail des entreprises. Le couple a retroussé ses manches à tous ses instants libres. «J’ai posé les carrelages des toilettes, ce n’était pas facile de découper les carreaux », note Abigaël. Alexandre énumère de son côté la pose de l’isolation intérieure, du parquet en linoléum à motif chêne gris, de portes, etc. Les familles et amis ne sont pas fait prier non plus pour donner des coups de main.
Bien avant l’inauguration prévue le 30 novembre, l’ouverture du commerce sera synonyme d’un aboutissement heureux pour beaucoup de monde. « Nous n’y serions pas parvenus sans eux », reconnaît la jeune femme. Et cette solidarité continue. Une des deux vendeuses engagées est la sœur de la patronne. Tandis que son autre sœur est depuis le début impliquée dans les aspects financiers. « Elle a fait mon business plan quand elle attendait son premier enfant, qui a aujourd’hui deux ans. Et maintenant juste après la naissance du second, elle accomplit les formalités administratives ».
Ouvert le dimanche
Abigaël sera seule au fournil. Alexandre Jaccard va conserver son emploi de menuisier au sein de l’entreprise de Buttes où il a fait son second apprentissage. La marche du commerce déterminera la suite.
Le choix des horaires d’ouverture tient compte des habitudes de la clientèle envisagée. Dès 6 heures en semaine, du mardi au vendredi, pour que les paysans venant livrer le lait à la laiterie puisse se fournir en pain, et jusqu’à 13h45, pour favoriser les pauses de midi. Réouverture à 14h45, jusqu’à 19 h. Le samedi et le dimanche, « Chez Bigou » prévoit d’être opérationnel de 7 h. à 16 h.
Les places de parc à proximité du magasin ne sont pas encore marquées. Les travaux se feront au printemps 2026, en même temps que l’aménagement de la terrasse d’une quinzaine de places. La réfection de la façade, financée par l’ancien propriétaire qui tenait beaucoup au maintien d’une activité commerciale dans le bâtiment, est également prévue l’an prochain.
C. Dubois

