Tout est dans la négociation. C’est en résumé ce qui ressort d’une conférence de presse tenue jeudi à Bullet, où un responsable d’Armasuisse immobilier a pris la parole pour confirmer son accord de principe à une réouverture de l’emblématique Chasseron, via une convention passée avec la commune de Bullet.
« Armasuisse est conscient de l’importance du Chasseron pour le tourisme régional et au-delà », a souligné d’emblée Olivier Henchoz, responsable du portefeuille immobilier du Centre de compétences immobilières du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) pour les cantons de Vaud, Genève et du Valais romand. Lors de la conférence de presse tenue à Bullet jeudi dernier, il a assuré que : « notre intention est de créer les conditions les plus favorables pour la réouverture du Chasseron dans le courant de 2026 ».
Pour mémoire, les discussions entre Armasuisse et la commune de Bullet, soutenue par celle de Sainte-Croix – les deux communes œuvrant en parallèle de manière différente mais dans le même but – ont débouché sur une convention. Cette dernière porte sur la création d’une servitude de passage pour la Commune de Bullet, d’une durée de quatre ans. Le 15 décembre, le Conseil communal de Bullet se déterminera sur un préavis portant sur cette convention. Une décision qui déterminera l’avenir à court et moyen terme de l’emblématique restaurant du Balcon du Jura.
Stratégique
Le site du Chasseron reste un point stratégique aux yeux du DDPS, même si la troupe le fréquente moins que par le passé. « À l’époque, on avait des formations qui utilisaient le bâtiment », a rappelé Olivier Henchoz. Le passage de l’analogique au digital a réduit les besoins sur place. Cependant, comme la semaine dernière, des militaires y stationnent encore parfois.
Jeudi, il a été rappelé par Fabienne Dégailler et Yvan Pahud, respectivement syndique de Bullet et syndic de Sainte-Croix, que l’annonce par Armasuisse de la fermeture du Chasseron à la fin de bail de Nicolas Blanchard, était tombée comme un couperet. Elle avait suscité stupéfaction, tristesse et même irritation de la part des autorités et de la population locale et régionale. Ces dernières ont aussi eu le sentiment qu’Armasuisse avait tardé à faire part aux communes de sa décision. Ce qu’a réfuté Olivier Henchoz : «Quand le bail a été dénoncé par le gérant, nous en avons pris acte et procédé à la reprise de l’objet ». Or, selon diverses sources, Nicolas Blanchard avait annoncé un an à l’avance au propriétaire des lieux qu’il ne solliciterait pas de nouveau bail à l’échéance de ce dernier, soit au 30 septembre 2025. Il avait en revanche suggéré un repreneur – celui avec lequel la Commune de Bullet est en contact.
Olivier Henchoz a tenu à préciser qu’Armasuisse n’avait pas pour mission de mettre en place des acteurs du tourisme régional et de conclure des contrats de bail avec des restaurateurs. Les choses ont changé depuis l’engagement de la famille Blanchard par Armasuisse, il y a dix ans.
L’énergie déployée par la syndique de Bullet, tout juste arrivée en fonction, et les interventions d’Yvan Pahud au Conseil national ont permis d’avancer le rendez-vous avec Armasuisse afin d’envisager la solution qui se dessine. La servitude de passage d’une durée de quatre ans permettra à la commune d’engager un repreneur, tout en poursuivant les discussions avec le propriétaire du bâtiment qui restera dans un périmètre militaire, en vue de conclure un droit distinct et permanent (DDP) (voir l’édition du JSCE du 21 novembre 2025).
Repreneur motivé
Lors de l’annonce de la fermeture de l’hôtel du Chasseron, Armasuisse avait mentionné que le bâtiment devait « être rénové de fond en comble ». Jeudi, le responsable immobilier a admis que l’évaluation de l’état du bâtiment avait peut-être été un peu rapide à ce moment-là. Le responsable présent à Bullet la semaine dernière n’étant pas l’interlocuteur direct de la commune, il n’a pas pu être plus précis sur la nature des interventions prévues avant un passage de témoin. « Il y aura éventuellement des travaux de rénovation et d’entretien, ça va être discuté », a noté Olivier Henchoz.
Selon toute vraisemblance, le Chasseron rouvrira ses portes pour la saison d’été, avec un repreneur qui est régulièrement tenu au courant de l’avancée des négociations. La syndique de Bullet a cité quelques mots de la motivation de cet habitant du Balcon du Jura, déjà titulaire d’une licence d’hôtelier-restaurateur. Il se présente comme un homme qui aime profondément sa région et qui apprécie le contact humain. Avec l’aide de sa famille, il entend développer des activités touristiques quatre-saisons qui promeuvent Sainte-Croix et Bullet. Il a l’ambition de faire du Chasseron un lieu de rencontres, d’échanges et de convivialité. Il imagine aussi des animations sportives et culturelles en collaboration avec les acteurs locaux. Les habitants de la région y seront chez eux et les randonneurs de passage y trouveront le gîte et le couvert, promet-il.
C. Dubois

