Aux Replans, les fondations de la future tour de tyrolienne sortent de terre. Malgré deux mois de retard et un budget alourdi, l’ouverture reste prévue pour l’été 2027. Pour compléter ses fonds propres, Alti’Loisirs lance parallèlement son « Club des bâtisseurs » et espère réunir 150'000 francs.
Ce vendredi matin, aux Replans, une imposante foreuse donne le ton. À l’emplacement de la future tour de départ de la tyrolienne, le chantier s’enfonce désormais profondément dans le sous-sol. Un premier imprévu de taille depuis la pose de la première pierre en novembre dernier.
Les premières études prévoyaient des micropieux. Mais de nouveaux calculs géotechniques ont imposé de revoir les fondations de la tour et des mâts de la tyrolienne. Les forages doivent désormais descendre entre cinq et dix mètres de profondeur, entraînant des travaux de génie civil bien plus importants que prévu. Ces adaptations ont également fait perdre près de deux mois au chantier.
Pour le reste, assure Fabian Gasser, responsable d’Alti’Loisirs, le projet suit son cours. Les différentes structures sont fabriquées et la livraison des éléments de la tour et de la tyrolienne est attendue pour la fin septembre. Leur montage devrait ensuite nécessiter environ deux mois. La préparation du terrain destiné aux pistes de bouées pourrait encore débuter cette année, tandis que le reste des infrastructures sera réalisé en 2027. L’objectif d’une ouverture durant la saison estivale prochaine reste maintenu.
Une tyrolienne de 255 mètres
Le projet a aussi évolué depuis sa présentation. La tour de départ sera finalement couverte et la tyrolienne a gagné quelques mètres. Son tracé atteindra 255 mètres, avec un départ perché à douze mètres de hauteur et une vitesse pouvant atteindre 40 km/h. La tour culminera à seize mètres.
Le système est actuellement fabriqué en Bulgarie par une entreprise spécialisée qui, selon Fabian Gasser, figure parmi les rares à maîtriser cette technologie. L’installation utilisera des chariots hybrides équipés d’une poignée permettant à l’utilisateur de moduler lui-même sa vitesse durant la descente.
Le changement sera également visible du côté de la piscine. Un nouveau bâtiment a été construit pour en accueillir les installations techniques. Sur son toit, une surface plane de quelque 250 m², baptisée « solarium », accueillera des transats et offrira un nouvel espace dédié à la détente. Deux ou trois autres zones planes seront aménagées dans le talus. La pataugeoire destinée aux enfants sera par ailleurs agrandie, déplacée vers un emplacement plus adapté et partiellement ombragée.
À moins d’un an de l’ouverture prévue, le principal défi n’est d’ailleurs plus seulement celui de la construction. « C’est la coordination », résume Fabian Gasser.
Il faudra faire fonctionner simultanément trois secteurs : les activités de loisirs, la piscine et le restaurant. Les premières réflexions sur le recrutement ont déjà commencé, tout comme celles concernant la billetterie et les différentes formules d’entrée, selon que les visiteurs souhaitent accéder à la piscine, aux activités ou à l’ensemble du site.
La prochaine étape aura forcément une saveur particulière. Fin septembre, les éléments de la tour et de la tyrolienne doivent arriver aux Replans. Après des années passées à imaginer et à dessiner le projet, voir s’élever cette tour de seize mètres marquera sans doute l’un des moments forts du chantier.
Le Club des bâtisseurs
Parallèlement au chantier, Alti’Loisirs vient de lancer une campagne destinée aux entreprises comme aux particuliers. Baptisée « Club des bâtisseurs », elle vise à réunir les 150'000 francs de fonds propres supplémentaires nécessaires tout en créant un réseau de partenaires autour du futur parc.
Depuis l’établissement du budget initial, le coût de la partie loisirs a augmenté de 350'000 francs, principalement en raison des fondations de la tour et des mâts de la tyrolienne. Quelque 70'000 francs sont liés aux pieux, 250'000 francs au génie civil et 30'000 francs aux prestations des ingénieurs civil et géotechnique. Sur ce surcoût, Alti’Loisirs doit apporter 150'000 francs supplémentaires de fonds propres, tandis que les 200'000 francs restants seront financés par une augmentation du crédit existant. C’est précisément pour réunir ces 150'000 francs qu’Alti’Loisirs a lancé son « Club des bâtisseurs ».
Le principe retenu joue sur l’idée de construire symboliquement une partie du parc. Il est ainsi possible de soutenir un mètre de tyrolienne dès 250 francs, un mètre d’accro-parcours dès 200 francs ou un mètre de piste de bouées dès 150 francs. Pour les entreprises, plusieurs formules de partenariat sont proposées, du pack Bronze au pack Diamant, avec différents avantages et une visibilité sur le futur site.
Les premiers contacts ont déjà été pris, notamment lors du marché d’été. Des entreprises de Sainte-Croix, mais aussi d’Yverdon, ont manifesté leur intérêt. Alti’Loisirs souhaite toutefois inscrire ces partenariats dans la durée, au-delà du seul financement du chantier. Des événements pourraient notamment être proposés aux entreprises partenaires une fois le parc en activité.
Les partenaires laisseront également une trace visible sur le site, avec un « Hall of Fame » réunissant les noms des bâtisseurs, tandis qu’un totem érigé à proximité de la tour et de la tyrolienne remerciera les soutiens particuliers.
Du côté de la Société industrielle et commerciale (SIC), son président, Joakim Junod, voit d’un bon œil la démarche et, plus largement, le développement d’Alti’Loisirs à Sainte-Croix. S’il estime qu’une meilleure coordination avec la SIC aurait pu donner davantage de portée au Club des bâtisseurs, il rappelle que l’association joue précisément un rôle de relais entre la Commune et le tissu économique local. Il souhaite avant tout voir le projet trouver sa place et se développer durablement.
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