Grâce à Lynda Paquette et Martin Parent, la dernière conférence de Cap sur le Monde a conduit la nombreuse assemblée présente sur cette île du bout du monde, pourrait-on dire, puisqu’elle se situe à l’extrême est du Canada, dont elle est la plus jeune des provinces.
C’est avec un enthousiasme communicatif que la conférencière a présenté un Canada différent, grâce à ce territoire aux multiples facettes, entré dans la Confédération canadienne en 1949 puisqu’il était auparavant territoire britannique.
Physionomie de l’île
Avec ses 4’800 km de côtes, Terre-Neuve offre des paysages très diversifiés. Passant de l’océan déchaîné à l’intérieur de l’île, celle-ci couverte d’une forêt boréale constituée de conifères nordiques et parsemée de lacs, de tourbières et parfois d’une campagne verdoyante, bien que l’agriculture n’existe pas là-bas, le voyageur découvre de nombreux villages de pêcheurs lovés au pied de falaises ou posés nonchalamment sur des replats face à la mer. Pas de grande ville, si ce n’est St John’s, la capitale aux maisons colorées, qui se trouve à la même latitude que Berne, une capitale très vivante possédant de nombreux lieux de rencontre et également une université, ce qui permet aux insulaires d’effectuer tout leur parcours d’études sans devoir émigrer dans un autre lieu académique.
St John’s est également le point de départ de la fameuse route transcanadienne numéro 1 qui s’étire sur plus de 7’800 km jusqu’à Victoria, en Colombie-Britannique, sur l’île de Vancouver, elle traverse l’ensemble des dix provinces canadiennes, d’un océan à l’autre.
Les habitants
Les premières explorations de ces lieux sont dues aux Vikings, vers l’an mille, comme en témoignent les vestiges de l’Anse aux Meadows, tout au nord de l’île. Ce site, découvert en 1960, est le lieu du premier établissement reconnu en Amérique du Nord, il pourrait s’agir de la colonie fondée par l’explorateur Leif Ericsson. Il a été suivi par l’arrivée de marins scandinaves qui s’implantèrent dans des régions situées plus au sud.
Puis, en mai 1497, le Vénitien Jean Cabot, envoyé par le roi Henry VII, partit de Bristol en quête d’une route maritime vers l’Asie, mais en juin, il aborda la côte atlantique du Canada. Ce premier voyage d’exploration donna lieu à des revendications anglaises et marqua le début de l’Empire britannique outremer. Puis les Européens, notamment les Basques, Bretons et Normands, mais aussi des Portugais vinrent pêcher dans les riches bancs de morues près des côtes de Terre-Neuve.
Les Basques étaient plus intéressés par la chasse à la baleine, ils aménagèrent de nombreuses stations de dépeçage le long de la côte du Labrador, Red Bay, connu par les Basques sous le nom de Buttes, devint l’un de leurs plus grands ports de pêche du cétacé, ce dernier destiné à la fabrication d’huile afin d’alimenter les marchés européens, ce produit était utilisé comme source d’éclairage, mais servait également à la fabrication de savons ou de médicaments.
Grâce à l’archéologie, il est avéré que des autochtones portant le nom de Béothuks, chasseurs et pêcheurs, habitaient Terre-Neuve aux 17e et 18e siècles, ils se sont repliés à l’intérieur du pays pour éviter le contact avec les Européens. Les habitants actuels de l’île sont donc les descendants de ces émigrés venus s’installer là au cours des siècles, au travers d’une Histoire mouvementée.
Nature
La nature est omniprésente sur l’île, de nombreuses sortes de fleurs, de champignons et de baies enchantent le regard grâce à leurs teintes très diverses. La faune est également bien présente, notamment l’orignal, dont il faut réguler le nombre au vu des dégâts engendrés dans les forêts, de nombreuses sortes d’oiseaux nichent en colonies sur les falaises dominant l’océan. Quelques élevages de moutons font vivre des familles, les vêtements de laine étant très prisés.
En bref, une conférence extrêmement bien documentée avec moult détails et une pointe d’accent québécois bienvenu dans ce contexte !

