Le passé régional raconté par les cinéastes amateurs connaît un succès fou

Cent trente personnes ont assisté vendredi au vernissage de la nouvelle exposition temporaire au MAS. © Jordan Hertig

Le Musée des Arts et Sciences propose depuis vendredi dernier une exposition temporaire sur le cinéma amateur local des années trente à huitante. La pièce maîtresse en est un film. Au moyen de pellicules issues de collections privées ou de fonds d'archives, sa réalisatrice Anne Crété propose une immersion dans ce demi-siècle faste de notre histoire régionale.
Les dernières lignes du générique disparaissent de la toile. Les applaudissements nourris d'un Royal qui a fait le plein pour l'occasion viennent couronner le travail d'Anne Crété en ce vendredi soir. Durant cinquante-six minutes, son film a emmené le spectateur dans le passé glorieux du Balcon du Jura des années trente à huitante. La documentaliste audiovisuel du Musée des Arts et Sciences a mis en scène les films de cinéastes amateurs régionaux qui ont immortalisé les leurs avec le produit local : la caméra Bolex.
Une heure de film qui relate une grande partie des événements qui ont forgé notre histoire. Un récit du passé ? Pas seulement. Et c'est là toute l'originalité d'un film qui fait la part belle aux images intimistes du cinéma familial de l'époque. Pour les accompagner, la réalisatrice distille un commentaire tendre et teinté d'une pointe d'humour. Elle laisse également aux proches ou aux cinéastes eux-mêmes le soin de commenter les images les concernant. Ces touches personnelles permettent au spectateur d'entrer dans l'univers familial de ces cinéastes amateurs, d'en comprendre également les motivations.
L'instant propice
« Il y a vingt ans, quand j'essayais d'obtenir des informations sur cette période, bien des gens avaient de la peine à l'évoquer. Le traumatisme était encore bien présent », explique Anne Crété. Un film qui arrive au moment où les habitants de la région sont prêts à « renouer » avec leur histoire. L'œuvre permet à celles et ceux qui l'ont vécue de redécouvrir cette période. Pour les autres, c'est l'occasion de mettre des images sur ces instants qu'on leur a tant contés. Le film se positionne clairement comme une vision positive de cette époque glorieuse de l'histoire régionale. Le regard que porte la réalisatrice sur celle-ci y est certainement pour beaucoup.
Anne Crété a obtenu les bobines directement auprès des familles ou en allant fouiller aux archives cantonales vaudoises, au Département audiovisuel de la bibliothèque de La Chaux-de-Fonds ou à la Cinémathèque Suisse. Les films récoltés sont le fruit du travail d'une quinzaine de cinéastes amateurs. Confiées ou prêtées au Musée, ces pellicules ont été triées, inventoriées, numérisées pour être ensuite sauvegardées dans le but de créer un fond audiovisuel local.
Tous les dimanches au MAS
De ces opérations est née l'idée d'en faire ce film, monté, documenté et commenté. Une exposition temporaire le complète. Les membres du comité du Musée des Arts et Sciences ont décoré la « petite » salle du musée au moyen de panneaux représentant un salon d'époque. De quoi s'immerger dans l'ambiance de la projection familiale des dimanches après-midi pluvieux. Deux canapés trônent dans la salle et font face à l'écran qui permettra la vision du film. Il est prévu qu'il soit diffusé en deux parties. Entre-deux, les visiteurs pourront découvrir la collection de caméras Bolex d'Emile Margot ainsi que dix-sept montages classés par thémes. Ceux-ci regroupent les images qui ne pouvaient pas tenir dans le film. Le tout est à voir absolument que l'on ait vécu cette période ou non.

Musée des Arts et Sciences
Tous les dimanches de 14h à 17h ou sur demandeau 077 453 75 56 jusqu'au 30 mars 2017.

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